29/06/2013

Il n'y a pas de mots pour expliquer ceci, lisez plutôt .. je suis en larmes !!!

samedi, 29 juin 2013

«On est venus finir le travail des nazis»

20130628183558055.jpgElle ouvre sa porte garnie d’une mezouzah. Face à elle, le couple de jeunes voisins bien propres sur eux qui, depuis des semaines, hurlent dans l’escalier que les Juifs n’ont rien à foutre ici. À une heure du matin, à trois heures du matin, à cinq heures du matin, ils tambourinent à la porte pendant de longues minutes, hurlent «sales Juifs», «Juifs puants» et tout ce que l’antisémitisme a pu produire comme horreurs… Mais ce 24 mai, c’est à 10h30 qu’ils frappent à la porte. La femme est dans son chez-soi, au téléphone avec sa grand-mère. Elle raccroche, va à la porte. Elle se demande ce qu’ils veulent. Elle est seule dans l’appartement. Elle ouvre. «On est venus finir le travail des nazis», disent le garçon et la fille qui sont face à elle. Incrédule, n’ayant pas bien compris ce que ces jeunes voulaient, la femme répond «faites ce que vous avez à faire». Alors, les deux se ruent sur elle. La femme la prend à la gorge, l’homme la cogne, ils la jettent au sol. Elle perd conscience. 

Quand la femme reprend ses esprits, le couple de voisins est tranquillement rentré chez lui, un étage en dessous. Elle ne parvient pas à rassembler ses idées. Elle est couverte de son propre sang, son corps n’est plus qu’hématomes, elle a mal au ventre, elle a le nez cassé, une large coupure au poignet. À côté d’elle, un miroir brisé, tombé ou jeté d’une armoire. Elle ne sait pas, elle était inconsciente. Elle appelle sa grand-mère, qui appelle la police. La police ne vient pas. 

Ne voyant rien venir, ni police, ni ambulance, la femme appelle elle-même le central.

Finalement, l’ambulance arrive. La police aussi. Mais elle n’établit aucun constat. Elle n’interroge personne. Elle ne dresse pas de PV. Il ne s’est rien passé, pensez-vous, des Juifs ! En bas de l’immeuble, une policière bavarde même avec les deux jeunes proprets, et rit avec eux alors qu’on emmène la femme couverte d’hématomes, de sang, le nez cassé, se tenant le ventre, qui ne parvient pas à parler clairement, en état de choc. Quant à la presse, elle met des semaines à se réveiller, et s’en tient à la version du commissaire de police : c’est bien sûr la femme qui a agressé les deux jeunes, dans le hall, et d’ailleurs, elle était ivre. La seule plainte que la police locale enregistre, c’est celle des deux jeunes proprets. La femme n’y a pas droit. Affaire sans importance, elle n’est même pas classée, elle n’existe tout simplement pas !

Vous l’aurez compris, cette histoire se passe bien sûr à Aachen, en Allemagne, en 1936. 

Ah non, pardon, je me trompe. Cette ratonnade a en fait eu lieu à Aartselaar, en Belgique, le 24 mai 2013. 


Silence
Vous ne l’avez lu nulle part ? Demandez-vous si c’est normal. Ah si… la presse israélienne en a parlé en long et en large. Mais en Belgique, on s’est contenté d’une dépêche Belga. On s’est dit que puisque le commissaire local a affirmé que Cindy Meul — c’est son nom — était ivre, et qu’il s’agissait d’une simple bagarre, il n’y a forcément rien à voir, circulez !

Le 24 mai 2013, quelques minutes après les coups, Ruth Sverdloff arrive chez elle. Elle voit une ambulance et des voitures de police. Elle monte et retrouve sa femme, Cindy Meul, en sang. Les ambulanciers l’ont mise sur une civière, mais elle veut marcher. Deux personnes la soutiennent pour qu’elle puisse rejoindre l’ambulance. Cindy ne sait pas pourquoi, mais elle veut y aller debout. Les infirmiers les pressent : la femme, quadragénaire, a perdu beaucoup de sang. Ils sont inquiets. Il faut aller à l’hôpital. Elle y restera deux semaines et quand elle arrive, elle est dans un état psychique indescriptible. Elle ne parvient pas à raisonner, elle s’est pris des coups sur la tête, sa seule ivresse, c’est la douleur épouvantable qu’on éprouve quand son propre logis, son chez soi, son home sweet home est devenu un lieu de torture. Victime d’un acte antisémite, Cindy Meul n’est pas juive. Elle est belge néerlandophone. Mais elle a épousé une Juive, ou plutôt, une Belgo-Israélienne, Ruth Sverdloff, championne d’Israël de tennis en 1982.

Mezouzah
Le jour de l’agression, le 24 mai 2013, ça fait à peine un mois que le couple s’est installé dans l’appartement avec la fille de Ruth. Le lendemain de leur déménagement, elles posent une petite mezouzah sur leur porte. Une mezouzah, c’est une boîte qui contient l’un ou l’autre bout de parchemin avec quelques extraits de la Torah. La croyance populaire veut qu’une mezouzah protège la maison. C’est un beau symbole. C’est pour ça qu’elles l’ont accrochée à la porte. Mais dès le lendemain, elle n’amène que cris et fureur, nuit et brouillard. Il fait beau. De leur balcon, les voisins du dessous et ceux d’à côté s’amusent à dire ce qu’ils pensent des Juifs, pour que les deux femmes les entendent. L’un d’eux se vante d’avoir réussi à faire partir une autre femme, qui habitait le premier étage, et n’acceptait pas la Loi de l’immeuble. 

Le cauchemar ne fait que commencer. En pleine nuit, les voisins du dessus, aidés de ceux d’à côté, viennent tambouriner à la porte en hurlant que les Juifs n’ont rien à faire «ici». Les Juifs puants. Les Juifs sales. Ruth et Cindy laissent passer. Le lendemain, toujours en pleine nuit, même topo. Les deux quadragénaires appellent la police. Quand celle-ci arrive, les voisins sont rentrés chez eux. Il n’y a rien à constater. Cindy est plutôt timide. Ruth veut expliquer la situation aux policiers. Mais elle ne parle qu’hébreu, anglais et français. Elle comprend le néerlandais, mais le parle mal. Dès qu’elle commence en anglais, les policiers lui expliquent qu’elle ne peut leur parler, parce qu’elle ne parle pas néerlandais. 

Au bout de quelques jours de tapage et d’insultes nocturnes, la fille de Ruth n’en peut plus. Elle est terrorisée, elle ne dort plus. Ruth l’amène chez ses parents. Le père de Ruth fut caché pendant la Seconde guerre mondiale par des catholiques — Ruth insiste bien là-dessus : des catholiques. Il rappelle quelquefois à sa fille que toute sa famille a péri dans la Shoah. Il donne le chiffre de deux cent quarante disparus. Parents, oncles, tantes, cousins, petits-cousins, arrière-cousins. Toute une famille, toute une tribu. 

Soixante
Ruth et Cindy pensent à déménager. Mais elles ne sont là que depuis moins d’un mois et elles ont un bail de trois ans. Alors, elles se disent que ça finira bien par se calmer. Mais ça empire. Les voisins d’en bas, surtout, continuent à les réveiller à n’importe quelle heure de la nuit en hurlant et en tambourinant à leur porte. Il y a pire : désormais, c’est eux qui appellent la police. Une nuit, à 5h30 du matin, Ruth et Cindy sont réveillées par le téléphone. C’est un policier qui leur dit qu’elles doivent arrêter de harceler les pauvres jeunes Flamands qui habitent en bas et que suite aux plaintes de ceux-ci, elles vont devoir payer… 60 euros d’amende ! Les deux femmes se sentent terriblement seules.

Et puis, vient le jour de terreur. Cindy ensanglantée, et Ruth qui arrive au moment où elle va être emmenée en ambulance. Les deux jeunes ne sont pas inquiétés. Ruth les voit plaisanter avec une policière. Alors, son sang ne fait qu’un tour. Elle fonce sur l’agente et lui demande si c’est sa façon d’enquêter. L’agente lui prend le poignet et la menace de l’arrêter. Oui, de l’arrêter ! Alors qu’on emmène son amie à l’hôpital. 

Questions
Ruth laisse tomber, elle a plus urgent, suivre son épouse. Sur le chemin de l’hôpital, elle se demande s’il est normal qu’on n’ait même pas emmené les deux jeunes Flamands propres sur eux pour les interroger. Au fil du temps, les questions s’accumuleront : pourquoi la police n’a pas pris les empreintes dans l’appartement ? Y est-elle même allée ? Pourquoi elle n’a interrogé personne (prenant uniquement la version des agresseurs présumés) ? Mais elle n’est pas juriste, elle est tenniswoman. Ce monde policier, elle ne le connaît que par télévision interposée. Elle ne connaît pas bien ses droits. Aucun policier ne les lui énoncera, alors qu’ils le doivent. À ces questions sans réponse s’en ajoute une autre : pourquoi les policiers n’ont pas établi un PV sur la scène du délit, ou du crime ? Pourquoi ? 

Cindy et Ruth arrivent à l’hôpital. La première tient des propos incohérents. Elle est en état de choc. Elle a besoin d’assistance psychologique. Elle a subi l’un des pires traumatismes, celui d’une agression chez soi, le lieu par excellence où l’on se croit en sécurité. Un médecin constate les plaies, les hématomes, le nez cassé, les marques d’étranglement, la large coupure au poignet, des griffures sur tout le corps. Il parle de «plusieurs blessures de gravité moyenne». Le diagnostic de coups et blessures est incontestable. Il remet un document à Ruth en lui disant qu’elle doit se rendre à la police et déposer plainte. 

Nederlands
Ruth se rend donc au poste de police d’Aartselaar, de la zone de police HEKLA (Hove-Edegem-Kontich-Lint-Aartselaar). Elle a le document en main. Le policier de faction refuse de l’entendre : elle ne parle pas néerlandais et donc, elle ne peut pas porter plainte. C’est aussi simple que ça. Ni français, ni anglais, ni hébreu. Seulement néerlandais. Il n’enregistre même pas le constat du médecin. Deux autres policiers sont dans la pièce. Ils ne réagissent pas. Ruth ne peut rien faire. Elle se rendra au moins à trois reprises dans deux commissariats distincts, à Aartselaar et à Anvers, sans jamais pouvoir déposer sa plainte. In het Nederlands, mevrouw ! Ou alors, on invoque le fait qu’elle n’est pas dans la commune de son domicile officiel. Elle est prise au piège d’une zone de police qui ne veut pas l’entendre, cercle infernal, morbide, invraisemblable dans un État de droit. En Belgique, lorsqu’une victime ne parle pas néerlandais ou français, la police doit lui fournir un(e) interprète ou lui répondre dans sa langue s’il la comprend. À Aartselaar et à Anvers, apparemment, plus aucun policier, commissaire ou inspecteur ne parle donc un mot de français ou d’anglais. 

On ne lui épargnera rien. Depuis le matin de l’agression, Ruth cherche un autre logement. Impossible de rester dans cet appartement. Elle n’a pas beaucoup de moyens. Elle a expliqué la situation à la propriétaire qui accepte de la laisser partir contre trois mois de loyer supplémentaires. Mais dès après son déménagement, début juin, Ruth reçoit la facture : la propriétaire lui demande… 22.750 euros de dédommagement.

Coupable
Comme si ça ne suffisait pas, un policier d’Aartselaar appelle Sverdloff pour lui annoncer que Cindy Meul va recevoir un PV. Cindy est toujours à l’hôpital. Quelques heures plus tôt, à la maison, Ruth a vu arriver un policier anversois venu vérifier son nouveau domicile. Quelques heures plus tard, un flic d’Aartselaar vient lui remettre le PV. Cindy Meul va être poursuivie, tenez-vous bien, pour coups et blessures envers les deux jeunes Flamands d’en bas ! Elle est convoquée au commissariat pour répondre de son délit. C’en est trop. Ruth, à qui on refuse toujours tout dépôt de plainte, cherche à contacter la presse. On lui conseille un avocat, Mischaël Modrikamen. Il accepte de les défendre et parle à quelques journalistes. Joods Actueel réagit, ainsi que d’autres journaux «juifs» ou israéliens. En fait, dans ce qu’on appelle un peu grossièrement «la communauté juive», l’information se répand comme une traînée de poudre. Mais dans la presse belge, c’est le vide. En fait, non, ce n’est pas le vide, c’est encore pire que ça : quelques journaux flamands reprennent «l’enquête» de Belga. L’agence a appelé l’un des commissaires de la zone de police d’Aartselaar. Le résultat est affolant. Dans Knack, on lit : 

«Nous n’avons reçu aucune plainte de ce genre», dit toutefois (sic) l’inspecteur principal Patrick Crabbé. «La police a bien dû se rendre quatre ou cinq fois sur les lieux du fait de plaintes du couple pour tapage nocturne. Nous avons essayé de résoudre ça à l’amiable.»

Le contraste avec la façon dont est racontée la version des deux femmes est flagrant :«Le 24 mai, deux voisins seraient [conditionnel] entrés dans l’appartement du couple etauraient [conditionnel] attaqué Cindy, qui aurait [conditionnel, alors que c’est un fait attesté par un médecin] de ce fait eu le nez cassé.» Et la police ? Lisez attentivement :«Dans sa réponse, la police s’en tient à une dispute de voisins qui aurait mal tourné dans le hall de l’immeuble. La victime [tiens, tiens, je pensais que c’étaient les deux jeunes, les victimes] est [indicatif] ensuite apparue clairement ivre [ce qu’absolument rien n’établit]n’a pas souhaité qu’on la soigne [elle dispose d’un certificat qui prouve le contraire], et a refusé de déposer plainte. Nous l’avons plusieurs fois invitée gentiment [elle était à l’hôpital…], mais cette plainte n’a toujours pas été déposée [et pour cause]».

Ivresse
Donc, je récapitule : la bagarre aurait eu lieu dans le hall de l’immeuble, et ce sont les deux jeunes d’en bas qui sont les victimes. Alors comment le sang est-il arrivé dans l’appartement ? Comment le miroir est-il tombé ? Comment Cindy s’est-elle coupé le poignet ? Comment un commissaire établit-il qu’une personne qui vient d’être tabassée est «clairement ivre» sans alcootest, sans prise de sang, sans la moindre «preuve» autre que les déclarations des agents et éventuellement des agresseurs présumés (par moi, pas par la police) ? Et surtout, comment peut-il affirmer qu’il ne s’est rien passé dans l’appartement ? Encore aujourd’hui, après que Bart De Wever a invité les deux femmes dans son bureau pour parler de leur affaire, c’est toute la zone de police HEKLA dont Aartselaar fait partie qui semble frappée d’une et une seule certitude : il ne s’est rien passé de particulier le 24 mai, dans la commune ! Et même lorsque le porte-parole de la police locale commence une interview par «nous ne souhaitons plus communiquer sur ce dossier», il ne peut pas s’empêcher de suggérer qu’il ne s’est de toute façon rien passé ! À Aartselaar, ne pas communiquer signifie en fait «prendre parti délibérément». Pour qu’on comprenne bien, il me paraît nécessaire de reproduire l’essentiel de ma conversation du 28 juin avec le commissaire Dirk Fonteyne, porte-parole de la zone de police :

Dirk Fonteyne (par tél) : Nous ne souhaitons plus communiquer sur ce dossier (…) Il y a eu énormément d’émoi, d’agitation autour d’une affaire qui n’était rien du tout [NL : voor iets dat niets was]

Marcel Sel : donc, en ce qui vous concerne, il ne s’est rien passé ?

D.F. : Non, non, non ! je ne dis pas ça ! Je dis simplement que nous ne voulons plus communiquer, il y a eu suffisamment de choses dites sur le sujet […]

M.S. : Mais j’ai cru comprendre que vous disiez qu’il ne s’était «pas passé grand chose…»

D.F. […] Non, mais cette affaire a été largement exagérée [NL: opgeblazen] […]

M.S. Mais vous êtes conscient que Bart De Wever voit les choses d’une façon très différente ?

D.F. Mais tout le monde s’est emparé de cette histoire ! Bart De Wever s’en occupe, le procureur s’en occupe, ils en font un truc énorme, alors qu’il s’agit de rien du tout [NL : ze maken daar k’weet-ni-wa van terwijl er helemaal niets is].

Eh oui, ça insiste. Il ne s’est donc rien passé… de bien méchant ! C’est tellement gros qu’on a l’impression qu’il y a complicité entre les deux jeunes voisins et l’ensemble de la zone de police, jusqu’au sommet. Un syndrome de pensée unique assez hallucinant, le rejet total, brutal, absolu de tout élément pouvant être à charge des agresseurs présumés.

Le 17 juin, soit plus de trois semaines après les faits, Ruth est enfin parvenue à déposer plainte dans un commissariat anversois. Elle a été reçue par un policier qui lui a refusé (une fois de plus) l’assistance d’un interprète. Mais magnanime, il l’a autorisée à rédiger sa plainte en hébreu. Il lui a quand même demandé de ne pas utiliser trop de papier. 

Bart
Dix jours plus tard, Bart De Wever invite donc Cindy et Ruth dans son bureau. Pour la toute première fois depuis l’agression, les deux femmes ont enfin l’impression d’être entendues et écoutées par une autorité. Mais quand le bourgmestre de la métropole demande à ses services une copie de la plainte, il constate qu’elle n’a toujours pas été traduite ! Dix jours après, elle traîne dans un tiroir et qui sait si elle n’y serait pas restée ad vitam æternam. Apprenant ça, Bart De Wever pique une vraie colère et exige que l’on accélère les choses.

Aujourd’hui, Cindy n’a toujours pas récupéré psychologiquement. Elle doit se rendre à la police d’Aartselaar pour y répondre de coups et blessures envers deux jeunes gens. Sur sa page Facebook, elle écrit : «il fallait que j’arrive à quarante ans pour comprendre combien le racisme est présent dans le monde. J’ai littéralement pu le sentir. Je suis mariée à une femme juive. J’ai reçu les coups et dans ma propre maison. Nous n’habitons ici que depuis trois semaines et devons à nouveau déménager. Aux quelques amis qui sont venus me rendre visite à l’hôpital, merci !» 

Omerta
Dans les grands journaux belges, que ce soit au Nord ou au Sud du pays, silence radio (et télé) total. Si ce n’est pour opposer «en toute objectivité» la version policée des Forces de l’Ordre  à celle de Ruth et Cindy. Le flic a dit qu’elle était ivre et qu’elle a agressé deux jeunes dans le hall, voilà, c’est bon, c’est dit, c’est bouclé, oublions ça, on ne va quand même pas publier la version de la victime ! De StandaardDe Morgen,Het NieuwsbladGazet Van AntwerpenVRTVTM, à quoi vous servez ? Le Soirla DH,La LibreSud PresseL’AvenirRTBFRTL-TVI, qu’est-ce que vous fichez ? Ah oui ! Mandela est sur son lit de mort. Ah, dommage qu’on n’ait pas de Mandela ici pour nous mettre le nez dans… dois-je poursuivre ? Pourquoi Le Peuple, le journal de Mischaël Modrikamen est-il le seul à avoir évoqué l’affaire ? Enfin, le seul, c’est injuste : on en parle partout dans le monde, de New York à Tel-Aviv, de Paris à Buenos Aires, mais pas en Belgique !

Pourtant, nous savons que notre police n’est pas fiable. Le Chilien tabassé par un poulet à Zaventem n’a jamais existé ; Bart Debie, commissaire anversois, condamné pour violence et racisme envers des musulmans fut innocent des mois durant ; un jeune, nu, tué dans sa cellule par une brigade spéciale n’a pas intéressé grand monde ; Semira Adamu, morte dans un avion, c’était un accident ; l’artiste Renate Brantz faisant très récemment l’objet de violences policières, à Ixelles, le soir de la fête de la musique, mais chers amis, qu’ânonnez-vous ? Elle aussi était ivre, d’après les policiers. Curieusement, lorsqu’ils l’amenèrent à l’hôpital, c’est pour constater qu’elle allait bien, et aucune prise de sang n’a été demandée !

Perversité
Le problème est que tous ces policiers sont assermentés et que dans les violences de voisinage, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. La police, elle, n’avoue jamais ! On n’aura donc pas souvent le fin mot de toutes ces histoires, mais leur accumulation est terrible.  

La Belgique est assez souvent épinglée pour son laxisme en la matière. D’après La Libre, en 2010, l’ONU estimait que notre pays devait intensifier ses efforts en matière de lutte contre les actes d’antisémitisme, de racisme et d’islamophobie (en particulier sur Internet) «notamment en enquêtant, en poursuivant et en punissant les responsables»(sic). Les journalistes qui prendraient les déclarations de la police pour argent comptant dans des affaires comme celles-ci font-ils vraiment leur boulot ? Quand les policiers ont une version toute prête basée sur du vent, ou «décident» qu’il ne s’est rien passé, nous avons le droit de considérer la version des victimes potentielles comme crédible. Ceux qui préfèrent s’en tenir aux déclarations des «autorités» mettent tout simplement la démocratie en danger.

Risk
Alors, moi, je prends le risque. Cet article n’est pas objectif. Je me suis basé sur les déclarations de Ruth Sverdloff, de Cindy Meul, sur des documents médicaux, sur mon intuition et sur les étranges affirmations du porte-parole de la police. Parce qu’il s’agit d’un couple de quadragénaires, parce que Ruth fut une sportive, parce qu’elle me semble respectable, parce que sa version est cohérente et qu’elle m’a donné des nouveaux détails qui, tous, allaient dans le sens de la première version qu’elle avait donnée à la presse ; parce qu’elle a demandé des précisions à Cindy pendant notre conversation et que toutes cadrent dans le récit «originel» et parce que j’ose espérer que Bart De Wever n’invite pas des gens dans son bureau à la légère, je prends le parti subjectif de les croire.

Et enfin, surtout, la version de Ruth et Cindy me paraît bien plus crédible que celle de la police locale. Si cette histoire est vraie, comme je le pense, elle est juste épouvantable. Et l’affirmation par le porte-parole de la police que «ce n’est rien» prend à son tour une dimension effroyable. Elle ramène notre pays à une république bananière, à un État policier, qui ferme complaisamment les yeux sur le racisme, la violence xénophobe (peu importe qu’elle soit antisémite ou islamophobe, c’est la même), où des policiers, inspecteurs et commissaires inclus, prennent le parti des agresseurs et transforment les victimes en coupables, les assigne en justice et leur cause des frais hallucinants : tant que la plainte de Ruth n’aboutit pas, elle ne peut invoquer la force majeure et espérer annuler les 22.750 euros que son ex-propriétaire lui réclame ! Près d’un an de salaire moyen pour moins d’un mois de logement, et un cassage de gueule en prime.

Appel
Je n’ai pas les moyens que peuvent avoir les rédactions de presse traditionnelle. Je ne peux pas aller plus loin dans mes investigations. C’est à vous, rédacteurs en chef des grands médias, d’enquêter en profondeur pour valider — ou non — mon sentiment profond. Et le cas échéant, d’interpeller la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, dont le silence est abrutissant. Mais évidemment, si la presse se tait aussi… 

Et à ce propos, si ce sont les opinions politiques de l’avocat des deux femmes, Mischaël Modrikamen, qui vous posent problème, excusez-moi de vous le dire aussi franchement, mais vous n’êtes pas digne de tenir une plume ! L’antisémitisme, l’islamophobie, la xénophobie sont bien plus importants que ces considérations belgo-belges, et font hélas partie de notre quotidien. Ils sont trop vicieux, pernicieux et leurs effets sont trop pervers pour nous permettre de nous contenter d’une «version officielle».

 

À bon entendeur, shalom !


http://blog.marcelsel.com/archive/2013/06/29/on-est-venus...


MAIS DITES-MOI DONC OU VA LE MONDE DANS LEQUEL ON VIT ???? HALLUCINANT, EFFRAYANT !!!!! 

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